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Philippe Rebbot, interview recto/verso



Texte / Matthieu Chauveau * Photo / © Tanui Jossic pour Kostar Publié dans le magazine Kostar n°95 - avril-juin 2025


Interview recto


Vous vous dites flemmard… Jouer son propre rôle dans À bicyclette !, c’est la planque ?  

J’ai plus donné dans ce film que dans d’autres. Mathias Mlekuz [le réalisateur] est mon ami. J’étais donc investi d’une mission : tenir mon copain debout ! Je n’en ai pas l’habitude, ni dans la vie ni au ciné.


Et la performance sportive ?  

Ma vraie performance, c’est d’avoir été un peu maboule en disant : OK, on traverse l’Europe à vélo ! Un truc un peu tauromachique. Mais j’ai été sportif il y a longtemps… Jusqu’à mes 30 ans, j’ai joué au volley à un relativement haut niveau.


Costard-cravate sur le vélo : pas trop pénible ? 

J’ai renoué avec la tradition. Je vous rappelle qu’à une époque, on faisait tout en cravate, y compris du cinéma. Avec ma casquette, c’est un hommage à Harry Dean Stanton dans Paris, Texas. Une figure qui m’accompagne tous les jours… 


Êtes-vous un bon ami ?  

Je suis un gars qui ne répond pas au téléphone, qui ne fête pas les anniversaires, donc je n’ai rien d’un ami classique. Par contre, pour les choses qui comptent, je pense être un très bon ami.


Cinéma d’auteur ou cinéma populaire ?  

Plutôt cinéma d’auteur. En réalité, je pense qu’il n’y a pas de grand et de petit public. Il y a juste des gens qui entrent dans des salles. Ce qui m’intéresse, c’est créer de l’émotion pour ces gens.

Lequel de vos films vous ressemble le plus ?  

Tous. Comme je n’ai pas de formation d’acteur, on est bien obligé de me donner des rôles qui me ressemblent. Mais comme dit Scorsese : on n’échappe pas à sa nature. On ne joue pas de rôles qui vont totalement contre qui on est. 


Vous vous dites timide. Pourquoi acteur ?  

Parce que ce qui fait peur aux timides, c’est le vide, le silence. Acteur, ça remplit ce vide.


Qu’avez-vous fait avant vos 40 ans ?  

Régisseur au cinéma de 30 à 40 ans. Avant, j’ai fait Manpower ! Des petits boulots… De 25 à 40 ans, j’ai donc appris la vie. Et après, je l’ai un peu appliquée. 


À voir : À bicyclette !, film de Mathias Mlekuz avec Philippe Rebbot






Interview verso


Qu’y a-t-il sous votre casquette ?   

Une calvitie bien entamée. Et un enfant. Qui a 60 ans mais un enfant quand même. C’est pas moi qui le dis, c’est Jacques Brel : « Ça n'existe pas les adultes, c'est une attitude. »

Vous portez une casquette et habitez Montreuil. Bobo intégral ?  

Un bobo, c’est un bourgeois bohème. Je préfère bohème bohème. Mais on est toujours le bobo, le prolétaire, le pauv’ con de quelqu’un !


Votre Philippe préféré ?   

Philippe Djian, l’auteur qui m’a fait aimer la littérature française alors que, comme lui, je préfère la littérature américaine. Avec cette idée qu’on n’est pas jugé sur ce qu’on est, mais sur nos actes.


Votre moustachu préféré ?   

Patrick Dewaere, mais est-il vraiment moustachu ? Michel Delpech mais il n’est pas resté moustachu… Jean Bouise alors ! Un grand second rôle du cinéma français. C’est un peu moi dans les années 70-80, avec plus de talent (sourire).


Toujours à la cool... Même en tournage ?   

Oh oui ! Je fais partie de l’église Lebowski. J’ai beaucoup de valeurs mais peu de principes. Tu ne peux pas être de mauvaise humeur quand tu fais du cinéma, que tu as choisi ta vie.


On dit « Rebot » ou « Rebotte » ?   

Dans ma famille, on est divisé entre ceux qui disent « Rébot » et ceux qui disent « Rebot ». Je trouve le second plus classe. Quand j’étais enfant on m’appelait robot mais aujourd’hui mes enfants, on les appelle reboot ! Comme quoi le monde a changé et les blagues qu’on subit aussi.


Philippe Rebbot joue-t-il toujours Philippe Rebbot ?   

À l’écran ou dans la vie, on passe sa vie à jouer. Enfant, je me suis inventé un personnage. Ou, on m’a mis dans un personnage… Je continue de le jouer, parfois avec bonheur, parfois avec mélancolie. En vieillissant, je me rends compte que je l’aime bien, Philippe Rebbot.


Amour fou ou Amour flou ?   

Amour flou forever. Aussi parce que ça parle de Romane [Bohringer] et de mes enfants. Mais l’amour, c’est beau quand c’est flou. L’amour, c’est pas pré-écrit, ça s’invente ! 


D’ailleurs, des nouvelles du « sépartement » ?   

On a arrêté d’habiter ensemble-séparés en octobre dernier mais cette expérience a été formidable. Ça a permis à nos enfants de passer ce moment en douceur et, aujourd’hui, tout le monde est très heureux ! Si je peux me permettre un petit hommage à la mère de mes enfants : quoi qu’il nous soit arrivé, j’ai eu la chance de rencontrer cette femme.  


À voir : À bicyclette !, film de Mathias Mlekuz avec Philippe Rebbot


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