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Paul Masson - Maison Richou : quand le meuble breton embrasse la modernité

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  • 18 mars
  • 2 min de lecture

Dernière mise à jour : il y a 2 jours



Texte / Matthieu Stricot * Photos / © Marc Glen Publié dans le magazine Kostar n°95 - avril-juin 2025


Ancien dirigeant de Fly, à Brest, et petit-fils du fondateur des Meubles Richou, Paul Masson s’est reconverti en artisan pour offrir une nouvelle vie aux meubles anciens de la région, en les transformant en des œuvres modernes, colorées… et connectées !


Un tabernacle ouvragé, une horloge, des bahuts… Avec des airs de brocante, l’atelier est rempli de meubles bretons du XVIII e au XX e siècle en bois précieux, dans leur teinte marron foncé caractéristique. « Ce patrimoine a tendance à disparaître », se désole Paul Masson, qui a choisi de leur donner une seconde vie pour perpétuer un certain héritage. « À travers ces meubles, les gens gardent des souvenirs de repas du dimanche chez les grands-parents », remarque l’artiste-artisan, en reconversion dans l’entreprise familiale. Son grand-père, Jean Richou, a fondé Meubles Richou durant l’après-guerre. Les parents de Paul ont ensuite ouvert, à Brest, une franchise Fly dans les années 80. Intégrant la société en 1990, Paul la rachète en 2015. « Suite à un problème de santé, en 2019, j’ai souhaité arrêter de travailler dans la grande distribution », explique l’artisan de 55 ans, qui se passionne, depuis l’enfance, pour la personnalisation des objets.

Prenant son temps, Paul Masson a d’abord chiné des meubles anciens sur des sites spécialisés. « J’ai investi dans une sableuse aérogommeuse qui permet de revenir à la teinte originelle du bois, tout en me formant aux techniques de peinture sur carrosserie, pour travailler sur des couleurs fluorescentes ou encore pailletées. » Autodidacte, Paul Masson bénéficie néanmoins, un jour par semaine, des conseils d’Éric Laurent, un menuisier passionné d’Histoire, comme lui.


Un savoir-faire haut en couleur

Des compétences toutes fraîches qui permettent à Paul d’entrer allègrement dans la peau du créateur, en apportant une touche moderne à cet ancien mobilier. En témoigne la partie haute d’un vaisselier colorée en peinture caméléon évoluant du jaune au vert, ou encore une table recouverte d’une plaque de granite rappelant un lagon paradisiaque. « Aux pieds de cette dernière, les sculptures représentant un Breton et une Bretonne à la pêche à pied seront laquées de blanc pour renforcer le caractère maritime », dévoile l’artisan, qui apprécie particulièrement les meubles néo-bretons du début du XX e siècle, avec leurs nombreux détails qui évoquent la vie quotidienne.

Pour perpétuer la tradition, Paul Masson souhaite apporter à ses meubles une pointe de technologie. Sur chacun d’entre eux, un médaillon rappelant un coq, composé de la moitié de la fleur de lys royale et de la moitié de l’hermine bretonne, renferme une puce NFC. En s’y connectant, on retrouve le nom breton du meuble, son siècle et son lieu de fabrication, sa fonction d’origine et son nouvel usage. Son ADN, en quelque sorte.

Soucieux de faire perdurer ce savoir-faire breton, l’artiste conçoit également des accessoires, de formats plus réduits. La collection de produits, dont la gamme des prix oscille entre plusieurs centaines et plusieurs milliers d’euros, a été exposée au sein de la galerie brestoise Comoedia, fin 2024. Paul Masson, qui se dit heureux d’entrevoir la fin de sa vie professionnelle en pratiquant ce « véritable métier passion », est désormais à la recherche d’un showroom afin de présenter ses œuvres au plus grand nombre… 





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